Portrait : Anne Yvrande-Billon, vice-présidente de l’Araf

vpNommée le 1er novembre 2014 par le président de l’Assemblée nationale, pour six ans.

Elle arrive à point nommé. Sa désignation à l’automne par Claude Bartolone au fauteuil de vice-présidente de l’Araf, et sa prise de fonction début novembre aux côtés de Pierre Cardo, coïncident en effet avec les annonces du gouvernement de confier au régulateur ferroviaire des missions étendues au transport de voyageurs par autocar et aux infrastructures autoroutières.

A l’Autorité de la concurrence (Adlc), où Anne-Yvrande-Billon travaillait depuis 2011 au service économique avant de devenir adjointe au chef du service des concentrations en juillet 2014, c’est elle qui avait proposé à Bruno Lasserre le sujet de la libéralisation des liaisons longue distance par autocar, un marché ultra réglementé.  « Je l’ai proposé puis instruit avec Alexandre Beaudouin, anciennement juriste à l’Araf », confie Anne Yvrande-Billon. On connait la suite donnée à l’avis autocar publié en février 2014 par l’Adlc, et dont elle était la rapporteure. Un an plus tard, le dossier pourrait revenir sur son bureau, à l’Araf cette fois.


« Sunshine régulation »

Docteur en sciences économiques, la nouvelle vice-présidente de l’Autorité, 39 ans, a beaucoup travaillé sur les transports ferroviaires (sa thèse était consacrée à la performance des contrats entre les propriétaires de matériel roulant et les entreprises ferroviaires au moment de la libéralisation des chemins de fer en Grande-Bretagne). A l’Adlc, elle s’est aussi penchée sur le transport maritime au moment du rachat de Seafrance par Eurotunnel.

Convaincue de l’utilité de mettre en place une autorité de régulation des transports multimodale, tant pour les acteurs du marché qu’in fine, pour les contribuables et les consommateurs, Anne Yvrande Billon défend l’idée d’un régulateur collecteur de données, un « data cruncheur » : « C’est par la transparence et par la qualité des données qu’il recueille, agrège et retravaille pour les diffuser aux usagers que le régulateur éclaire la connaissance, jette la lumière sur les résultats de l’opérateur historique par rapport aux autres entreprises du marché, et l’incite à se discipliner. C’est la sunshine regulation  », explique l’économiste.

En attendant d’éclairer la connaissance de l’Araf sur les nouveaux défis qui l’attendent,  Anne Yvrande-Billon prend aussi en charge les affaires européennes à l’Autorité : le quatrième paquet ferroviaire qui sera devant le Parlement européen en 2015, et la corégulation du Tunnel sous la Manche avec les Britanniques à partir de juin 2015, n’attendent pas.